Le fauvisme

Les Caractéristiques du mouvement

Alors que toute la première moitié du XIX siècle avait été marqué par le romantisme pronant des valeurs de bonheur, d'idéalisme, la second parti du XIX siècle marquée par le coup d' Etat de 1852 mettant fin à la seconde République et faisant entrer la France dans une période de régime autoritaire, brisant les rêves de progrès et de liberté vient ancrer les courants artistiques dans une idéologie réaliste, en littérature comme en peinture.

Le XIX siècle est aussi le siècle de la révolution industrielle, des migrations importantes vers les villes, de la naissance des classes ouvrières et des thèses marxistes. La littérature et la peinture prennnent alors politiquement et socialement position : et c'est à ce titre que l'on peut parler de peinture réaliste en matière de fauvisme.

Le nom de fauvisme est né à l'exposition de 1905 où les peintres de mouvement étaient exposées autour d'une sculpture classique, ce qui fit un critique les appeler "fauve" du fait du constraste entre le classiscime et le choc des couleurs. Nous sommes dans un contexte de renouveau artisitique où l'art exposé est celui admis par le Salon Officiel, ce qui créée des mouvements visant à s'affranchir des conventions classiques, ce qu'avaient déjà réalisé le simpressionistes et ce que rélaisèrent les fauves.

Une peinture réaliste ?

La peinture réaliste est celle qui reproduit la réalité comme la photographie mais c'est aussi celle qui prend comme sujet la réalité du plus grand nombre, celle qui peint la société contemporaine de l'artiste et non celle qui représente les quelques élites des hautes classes de la société.

La peinture réaliste est née après la révolution de 1848 et est représentée par des artistes tels que Coron, Daumier, Millet, Corot. Cette peinture incarne la démocratie bien qu'elle n'est pas vraiment de thèses sociales mais elle s'ancre dans des termes actuels.

Ici, le portrait de Renoir est manifestement celui d'une petite fille des classes aisées de par le rafinnement de sa toilette alors que le portait de Matisse montre une femme habillée plus simplement et dans un décor d'intérieur, ce qui nous montre une femme certes assez aisée, mais certainement moins que dans le tableau de gauche, ce qui montre la volonté des fauves de réprésenter leur quotidien. Le rapprochement entre une peinture typiquement réaliste de Daumier et celle de Matissele montre de par les sujets choisis : scène de la vie courante et les classes sociale des personnes représentées.

En revanche , sur le plan pictural , la peinture fauviste est volontairement subjective, elle a pour but d'exprimer avant tout les sentiments de l'auteur face à l'objet, quitte à nier tout réalisme , parti pris que n'avait pris les impressionistes dont les oeuvres sont encore nettement réprésentatives sous réserve toutefois de l'évolution de Monet , qui céda à un grand subjectivisme vers la fin de son oeuvre.

Ces deux paysages bien qu'ils ne représentent pas exactement le même lieu à l' Estaque traduisent bien la diiférence d'apréhénsion du paysage par les impressionsites d'une part, et part les fauves d'autre part. Chez Renoir , la toile est travaillée grace à de petites touches, ce qui donne une grande luminosité à l'oeuvre et à travers laquelle transparait les sentiments du peintre. En effet, les paysages de la peinture classique sont plus sombres et les couleurs sont posées comme figées. Ici, les sentiments s'expriment donc par la luminosité de la toile mais les couleurs choisies sont celles de l'objet décrit. (Cf. toile ci-dessus)

Derain va ici plus loin : à l'arrière plan , on observe des arbres bleus tandis que ceux du premeir plan sont totalement rouges alors qu'il est visible au vu de l'ouvre de Renoir que cette palette à dominante rouge n'est pas reporésentative de la réalité de l'Estaque. Les couleurs sont également plus vives et les petits touches de lumières ont disparu. Ce non réalisme dans le choix des couleurs et la non réprésentation de la lumière rend ainsi l'oeuvre moins réaliste mais en revanche nettement plus chargée d'émotions que celles de renoir.

Les couleurs vives

Ce qui caractérise les fauves est surtout l'association des grands aplats de couleur et l'utilisation de couleurs vives et lumineuses. Cette densité chromatique était déjà visible chez les Nabis mais surtout chez les post impressionsites qui comme ,Van Gogh utilisèrent des couleurs très vives.

Les couleurs vives créent ainsi le dynamisme de la toile par le jeu des oppositions qu'elles créent, la couleur n'est plus représentative, elle est dynamique. La couleur est ainsi le vecteur de l'émotion mais aussi le seul élément de structuration de l'espace, la perspective ayant disparu. Mais la couleur vive est utilisée différemment selon le peintres et leurs influences, elle peut être posée en grands aplats ou en petites touches.

La couleur en grand aplat ou ...

Si nous avons montré que la recherche d'une peinture subjective était commune aux impressionnistes et aux fauvistes, cette nouvelle caractéristique semble au contraire éloigner les deux mouvements picturaux, ce qui ne signifie pas que l'on ne peut trouver les influences des fauves en la matière.

Tout d'abord, Manet nous fournit une première source d'inspiration comme le montre son célèbre déjeuner sur l'herbe de 1863 ou encore sa Nouvelle Olympia. En particulier, le Déjeuner sur l'herbe trouve un écho chez la peinture fauve de par l'utilisation de fort contraste notamment entre la femme et le reste de la toile.

Vers Le déjeuner sur l'herbe et la Nouvelle Olympia

Deuxième influence, celle des Nabis, mouvement constituée autour de 1988, animée notamment par Paul Sérusier et inspirée par l'école de Pont Aven et Gauguin. Si Manet peignait déjà par de larges touches de couleur, celles ci restent d'une part nuancée et d'autre part riche en reflet alors que l'idéologie artistique des nabis va aboutir à la radicalisation de la technique. En effet, ces derniers cherchent à représenter l'objet en se fondant sur l'émotion et la sensation du peintre. L'impression première , la définition basique en termes de couleur et de forme doit être reproduite telle quelle sur le tableau , telle chose est bleue c'est une large touche de bleue qui viendra représenter l'objet. Telle chose est perçue comme ronde ? C'est un simple rond que l'on utilisera.

La peinture nabiste se veut symboliste comme représentant l'idée du peintre, le sujet n'est plus que le prétexte de la création. Le critique Denis écrira à leur propos "L’art est avant tout un moyen d’expression, une création de notre esprit dont la nature n’est que l’occasion ". Ce mouvement pictural s'inscrit en effet dans un mouvement symboliste plus large auxquels participeront notamment Baudelaire, Mallarmé ou encore Appolinaire.

Les larges bandes colorées sans nuance font disparaitre la perspective, tout est sur le même plan , les formes sont séparées par de grandes cernes colorées.

Il résulte de cette peinture par grandes touche, une géométrisation de l'espace déjà présente chez certains tableaux de Manet mais renforcée chez les Nabis par la négation de la perspective.Les toiles de Derain et des Nabis montrent ici comme l'utilisation par grandes touches de couleur permet d'obtenir la géométrisation des formes en délimitant grossièrement l'espace.

La géométrisation est parfois même poussée à l'extrême à l'aide , de trait de délimitation et sur de sujets aussi inattendus que des nus, qui à priori de par les courbes des formes se prêtent assez mal à cet exercice

Il en résulte également et nécessairement une simplification des formes comme l'illustre bien les tableaux de Derain ou de Matisse où les corps ne sont plus que esquissés sous forme de masse et où chaque objet est délimité par un fin liseret.

Wighie